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Les écoles de pensée du management

25 min de lecture

Objectifs de la leçon

  • Situer les grandes écoles de pensée du management et leur apport.
  • Distinguer l'école classique, l'école des relations humaines et les approches modernes.
  • Connaître les théories de la motivation et savoir les opposer.
  • Connaître les mécanismes de coordination de Mintzberg.
  • Rattacher chaque auteur à sa contribution.

1. Pourquoi connaître les écoles

Le concours n'interroge pas l'histoire du management pour elle-même. Il vérifie que vous savez rattacher une idée à son auteur et à son école, parce que c'est ainsi que les distracteurs sont construits : on attribue à Taylor ce qui est de Mayo, à Maslow ce qui est de Herzberg.

Quatre grands moments se succèdent, et chacun naît d'une critique du précédent.

2. L'école classique : organiser le travail

  • Taylor et l'organisation scientifique du travail : décomposition des tâches, étude des temps et des mouvements, séparation stricte entre ceux qui conçoivent et ceux qui exécutent, salaire au rendement. Apport : la productivité. Limite : l'ouvrier réduit à un exécutant.
  • Fayol et l'administration : les cinq fonctions, et quatorze principes — unité de commandement, unité de direction, division du travail, autorité et responsabilité. Apport : la première théorie de la direction, distincte de la technique.
  • Weber et la bureaucratie rationnelle-légale : l'autorité y repose sur la règle écrite et impersonnelle, non sur la tradition ni sur le charisme. Apport : l'égalité de traitement et la prévisibilité. Limite : la lourdeur, et la règle devenue fin en soi.
L'ecole classique
TAYLOR ..... organisation scientifique du travail
tache · temps · rendement
FAYOL ...... administration · 5 fonctions · 14 principes
direction
WEBER ...... bureaucratie rationnelle-legale
regle ecrite · impersonnalite
POSTULAT COMMUN : l'homme est motive par le SALAIRE
et l'organisation est une MACHINE a optimiser.

3. L'école des relations humaines : découvrir le groupe

Trois auteurs, une même intuition : l'homme ne travaille pas seulement pour le salaire.

  • Mayo et les expériences de Hawthorne (1927) : en faisant varier l'éclairage d'un atelier, la productivité augmente — quelle que soit la variation. La cause n'est pas l'éclairage : c'est l'attention portée aux ouvrières et la dynamique du groupe, l'acte de naissance de la dimension humaine du management.
  • Maslow et la hiérarchie des besoins : physiologiques, sécurité, appartenance, estime, accomplissement. Un besoin satisfait cesse de motiver ; le niveau supérieur devient alors moteur.
  • Herzberg et la théorie bifactorielle — deux familles de facteurs, la distinction la plus interrogée du module : les facteurs d'hygiène (salaire, conditions de travail, relations, politique de l'établissement), dont l'insuffisance provoque l'insatisfaction sans que leur amélioration motive durablement ; et les facteurs moteurs (reconnaissance, responsabilité, intérêt du travail, progression), qui seuls produisent la satisfaction et l'engagement.
  • McGregor et les théories X et Y : la théorie X postule un individu qui fuit l'effort et qu'il faut contrôler, la théorie Y un individu qui s'implique si le travail a du sens. Ce ne sont pas deux types d'employés, mais deux regards de manager — chacun produit ce qu'il présuppose.

Conséquence pratique, et question de concours : augmenter le salaire supprime un motif de mécontentement, mais ne crée aucune motivation durable. C'est pourquoi les leviers d'un cadre de santé sans marge budgétaire ne sont pas nuls — la reconnaissance et la délégation de responsabilité ne coûtent rien.

4. Les approches modernes

  • L'approche systémique considère l'organisation comme un système ouvert : des entrées, des processus, des sorties, une rétroaction, un environnement. Elle fonde la démarche processus de la qualité.
  • L'approche contingente affirme qu'il n'existe pas une bonne organisation : la structure pertinente dépend de la taille, de la technologie, de l'environnement et de la stratégie. C'est la mort des recettes universelles.
  • Mintzberg décrit la structure en cinq composantes — centre opérationnel, sommet stratégique, ligne hiérarchique, technostructure, fonctions de support — et surtout cinq mécanismes de coordination.
Les cinq mecanismes de coordination
AJUSTEMENT MUTUEL ......... communication informelle
entre pairs
SUPERVISION DIRECTE ....... un responsable prescrit
et controle
STANDARDISATION DES PROCEDES ... la procedure dit
comment faire
STANDARDISATION DES RESULTATS .. l'objectif dit
ce qu'il faut atteindre
STANDARDISATION DES QUALIFICATIONS .. la formation
garantit la maniere de faire

Mécanisme mal compris

L'ajustement mutuel est le mécanisme le plus mal compris. Il vaut aux deux extrémités du spectre : dans une équipe de trois, parce que la hiérarchie est inutile ; dans un bloc opératoire ou une cellule de crise, parce que personne ne peut prescrire à l'avance ce qu'il faudra faire. Le réduire aux petites équipes est une erreur classique.

À l'hôpital, la standardisation des qualifications domine : on ne dit pas à un infirmier comment poser une perfusion, on exige qu'il soit diplômé. C'est ce qui caractérise la bureaucratie professionnelle.

Résumé

  • École classique : Taylor le travail, Fayol l'administration, Weber la bureaucratie. L'homme y est motivé par le salaire.
  • Relations humaines : Mayo découvre le groupe, Maslow hiérarchise les besoins, Herzberg sépare hygiène et moteurs, McGregor oppose X et Y.
  • Approches modernes : systémique, contingente, et les cinq mécanismes de coordination de Mintzberg.
  • L'hôpital est une bureaucratie professionnelle, coordonnée par la qualification.

PIÈGES FRÉQUENTS

  • Attribution inversée : attribuer à Taylor la découverte du facteur humain, qui est de Mayo.
  • Salaire surestimé : croire qu'augmenter le salaire motive durablement, au sens de Herzberg — il ne fait que réduire l'insatisfaction.
  • X et Y mal compris : en faire deux types d'employés au lieu de deux regards de manager.
  • Ajustement mutuel réduit : le limiter aux petites équipes, en oubliant qu'il domine aussi dans l'urgence et la crise.
  • Recette universelle recherchée : chercher LA bonne structure, alors que l'approche contingente affirme qu'elle dépend du contexte.

À retenir

Taylor la tâche, Fayol la direction, Weber la règle, Mayo le groupe, Maslow les besoins, Herzberg hygiène contre moteurs, McGregor X contre Y, Mintzberg les cinq mécanismes. L'hôpital se coordonne par la qualification.

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