Objectifs de la leçon
- Situer les grandes écoles de pensée du management et leur apport.
- Distinguer l'école classique, l'école des relations humaines et les approches modernes.
- Connaître les théories de la motivation et savoir les opposer.
- Connaître les mécanismes de coordination de Mintzberg.
- Rattacher chaque auteur à sa contribution.
1. Pourquoi connaître les écoles
Le concours n'interroge pas l'histoire du management pour elle-même. Il vérifie que vous savez rattacher une idée à son auteur et à son école, parce que c'est ainsi que les distracteurs sont construits : on attribue à Taylor ce qui est de Mayo, à Maslow ce qui est de Herzberg.
Quatre grands moments se succèdent, et chacun naît d'une critique du précédent.
2. L'école classique : organiser le travail
- Taylor et l'organisation scientifique du travail : décomposition des tâches, étude des temps et des mouvements, séparation stricte entre ceux qui conçoivent et ceux qui exécutent, salaire au rendement. Apport : la productivité. Limite : l'ouvrier réduit à un exécutant.
- Fayol et l'administration : les cinq fonctions, et quatorze principes — unité de commandement, unité de direction, division du travail, autorité et responsabilité. Apport : la première théorie de la direction, distincte de la technique.
- Weber et la bureaucratie rationnelle-légale : l'autorité y repose sur la règle écrite et impersonnelle, non sur la tradition ni sur le charisme. Apport : l'égalité de traitement et la prévisibilité. Limite : la lourdeur, et la règle devenue fin en soi.
3. L'école des relations humaines : découvrir le groupe
Trois auteurs, une même intuition : l'homme ne travaille pas seulement pour le salaire.
- Mayo et les expériences de Hawthorne (1927) : en faisant varier l'éclairage d'un atelier, la productivité augmente — quelle que soit la variation. La cause n'est pas l'éclairage : c'est l'attention portée aux ouvrières et la dynamique du groupe, l'acte de naissance de la dimension humaine du management.
- Maslow et la hiérarchie des besoins : physiologiques, sécurité, appartenance, estime, accomplissement. Un besoin satisfait cesse de motiver ; le niveau supérieur devient alors moteur.
- Herzberg et la théorie bifactorielle — deux familles de facteurs, la distinction la plus interrogée du module : les facteurs d'hygiène (salaire, conditions de travail, relations, politique de l'établissement), dont l'insuffisance provoque l'insatisfaction sans que leur amélioration motive durablement ; et les facteurs moteurs (reconnaissance, responsabilité, intérêt du travail, progression), qui seuls produisent la satisfaction et l'engagement.
- McGregor et les théories X et Y : la théorie X postule un individu qui fuit l'effort et qu'il faut contrôler, la théorie Y un individu qui s'implique si le travail a du sens. Ce ne sont pas deux types d'employés, mais deux regards de manager — chacun produit ce qu'il présuppose.
Conséquence pratique, et question de concours : augmenter le salaire supprime un motif de mécontentement, mais ne crée aucune motivation durable. C'est pourquoi les leviers d'un cadre de santé sans marge budgétaire ne sont pas nuls — la reconnaissance et la délégation de responsabilité ne coûtent rien.
4. Les approches modernes
- L'approche systémique considère l'organisation comme un système ouvert : des entrées, des processus, des sorties, une rétroaction, un environnement. Elle fonde la démarche processus de la qualité.
- L'approche contingente affirme qu'il n'existe pas une bonne organisation : la structure pertinente dépend de la taille, de la technologie, de l'environnement et de la stratégie. C'est la mort des recettes universelles.
- Mintzberg décrit la structure en cinq composantes — centre opérationnel, sommet stratégique, ligne hiérarchique, technostructure, fonctions de support — et surtout cinq mécanismes de coordination.
Mécanisme mal compris
L'ajustement mutuel est le mécanisme le plus mal compris. Il vaut aux deux extrémités du spectre : dans une équipe de trois, parce que la hiérarchie est inutile ; dans un bloc opératoire ou une cellule de crise, parce que personne ne peut prescrire à l'avance ce qu'il faudra faire. Le réduire aux petites équipes est une erreur classique.
À l'hôpital, la standardisation des qualifications domine : on ne dit pas à un infirmier comment poser une perfusion, on exige qu'il soit diplômé. C'est ce qui caractérise la bureaucratie professionnelle.
Résumé
- École classique : Taylor le travail, Fayol l'administration, Weber la bureaucratie. L'homme y est motivé par le salaire.
- Relations humaines : Mayo découvre le groupe, Maslow hiérarchise les besoins, Herzberg sépare hygiène et moteurs, McGregor oppose X et Y.
- Approches modernes : systémique, contingente, et les cinq mécanismes de coordination de Mintzberg.
- L'hôpital est une bureaucratie professionnelle, coordonnée par la qualification.
PIÈGES FRÉQUENTS
- Attribution inversée : attribuer à Taylor la découverte du facteur humain, qui est de Mayo.
- Salaire surestimé : croire qu'augmenter le salaire motive durablement, au sens de Herzberg — il ne fait que réduire l'insatisfaction.
- X et Y mal compris : en faire deux types d'employés au lieu de deux regards de manager.
- Ajustement mutuel réduit : le limiter aux petites équipes, en oubliant qu'il domine aussi dans l'urgence et la crise.
- Recette universelle recherchée : chercher LA bonne structure, alors que l'approche contingente affirme qu'elle dépend du contexte.
À retenir
Taylor la tâche, Fayol la direction, Weber la règle, Mayo le groupe, Maslow les besoins, Herzberg hygiène contre moteurs, McGregor X contre Y, Mintzberg les cinq mécanismes. L'hôpital se coordonne par la qualification.